Pertes vaginales : quand sont-elles normales et quand faut-il s'inquiéter ?

Les pertes vaginales sont un phénomène naturel et physiologique indispensable au bon fonctionnement de l’appareil génital féminin. Elles participent au nettoyage naturel du vagin, maintiennent un équilibre biologique de la flore intime protectrice contre les infections et reflètent souvent les variations hormonales au cours du cycle menstruel.

Dans cet article, découvrez comment distinguer les pertes vaginales normales des pertes pathologiques, quelles en sont les principales causes, quels symptômes doivent alerter et comment préserver une bonne santé intime.

Les pertes vaginales correspondent à un mélange naturel de sécrétions produites par le col de l’utérus, mucus cervical, des cellules mortes éliminées naturellement, des bactéries protectrices (principalement les lactobacilles), liquide provenant des glandes vaginales.

Ces sécrétions permettent :

  • d’hydrater le vagin ;
  • de maintenir un pH acide protecteur (environ 3,8 à 4,5) ;
  • d’empêcher la prolifération des bactéries pathogènes ;
  • de faciliter les rapports sexuels ;
  • de protéger l’appareil génital contre les infections.

Lorsque cet équilibre est perturbé (prise d’antibiotiques, fluctuations hormonales, rapports sexuels non protégés, hygiène inadaptée, etc.), le risque d’infection augmente.

Elles sont généralement :

 transparentes ou blanches ;
fluides ou légèrement épaisses ;
peu abondantes ;
sans mauvaise odeur ;
non irritantes ;
sans démangeaisons ;
sans douleur.

Les pertes physiologiques peuvent varier au cours du cycle menstruel.

Quand faut-il s'inquiéter ?

Certaines modifications doivent conduire à consulter un professionnel de santé.

Les pertes deviennent anormales lorsqu’elles s’accompagnent de :

fièvre ;
mauvaise odeur (poisson, odeur forte ou nauséabonde) ;
couleur jaune, verte, grise ou brunâtre ;
présence de sang en dehors des règles ( métrorragies ), ou après les rapports ;
douleurs pelviennes, démangeaisons importantes, brûlures ;
douleurs pendant les rapports sexuels ;
rougeur ou gonflement de la vulve.

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Quels sont les causes des pertes vaginales anormales ?

La mycose vaginale (candidose):
une infection provoquée par le champignon Candida albicans.

Symptômes:

  • pertes blanches épaisses ressemblant à du lait caillé ;

  • démangeaisons intenses ;

  • brûlures vulvaires ;

  • douleur pendant les rapports.

La vaginose bactérienne:
Elle résulte d’un déséquilibre du microbiote vaginal avec une diminution des lactobacilles et une prolifération de bactéries anaérobies, notamment Gardnerella vaginalis.

Symptômes:

  • pertes grisâtres ;

  • odeur de poisson, surtout après un rapport sexuel ;

  • peu ou pas de démangeaisons.

La trichomonase:
Infection sexuellement transmissible due au parasite Trichomonas vaginalis.

Symptômes:

  • pertes abondantes jaune-vert ;

  • aspect mousseux ;

  • mauvaise odeur ;

  • brûlures ;

  • douleurs urinaires.

Les infections à Chlamydia et Neisseria gonorrhoeae:
sont les deux infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes les plus fréquentes. Elles se transmettent lors de rapports sexuels (vaginaux, anaux ou oraux) et peuvent être asymptomatiques, risquant d’entraîner des complications graves comme l’infertilité si elles ne sont pas traitées
Ces infections souvent asymptomatiques, mais peut provoquer :

  • pertes anormales ( purulents pour le gonocoque )

  • douleurs pelviennes ;

  • saignements après les rapports ;

Les modifications hormonales:
Les changements hormonaux liés à :

  • la grossesse ;

  • la ménopause ;

  • la prise d’une contraception hormonale ;

  • l’allaitement

peuvent modifier l’abondance ou la consistance des pertes.

Un corps étranger vaginal:
L’oubli d’un tampon ou d’une coupe menstruelle peut entraîner :

  • pertes très malodorantes ;

  • douleurs ;

  • parfois de la fièvre.

Cette situation nécessite une consultation rapide.

Quels sont les facteurs qui favorisent les infections vaginales ?

Le risque augmente en cas de :

  • antibiothérapie récente ;
  • diabète ;
  • grossesse ;
  • stress chronique ;
  • tabagisme ;
  • rapports sexuels non protégés ;
  • partenaires multiples ;
  • douches vaginales ;
  • produits parfumés pour l’hygiène intime ;
  • vêtements trop serrés ou synthétiques ;
  • humidité prolongée (maillot de bain mouillé).

Comment prévenir les pertes vaginales anormales ?

Une bonne prévention repose sur quelques gestes simples :

  • éviter les douches vaginales ;
  • laver uniquement la vulve avec un produit doux au pH adapté ou simplement de l’eau ;
  • s’essuyer d’avant en arrière après les selles ;
  • porter des sous-vêtements en coton ;
  • éviter les vêtements trop serrés ;
  • changer rapidement de maillot de bain humide ;
  • utiliser un préservatif en cas de nouveau partenaire ;
  • limiter l’automédication antibiotique ;
  • consulter rapidement en cas de symptômes inhabituels.

Les pertes vaginales sont le plus souvent un phénomène naturel indispensable à la santé intime. Toutefois, une modification de leur couleur, de leur odeur, de leur quantité ou l’apparition de symptômes tels que des démangeaisons, des brûlures, des douleurs ou des saignements doivent inciter à consulter. Un diagnostic précoce permet de traiter efficacement la plupart des causes et d’éviter leurs complications.

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